Un jour, j’avais rdv dans une petite entreprise pour des cours particuliers de droit du travail avec une personne que je connaissais bien. Je me rendais pour la première fois à cet endroit.

Arrivée au lieu de rdv, je me retrouve face à une porte sans vitres et donc sans la possibilité de voir à l’intérieur du bâtiment.

Je repère l’interphone et me demande : “Je fais quoi, je sonne ?”.

Avouez, que n’importe quel entendant ne se pose pas la question ! Il sonne puis attend qu’on lui réponde, tout simplement.

Pour ma part, sonner n’a pas été mon premier réflexe. Simplement parce que ce simple bouton pour vous m’est complexe : je ne peux pas lire sur les lèvres de l’interphone.

À cela s’ajoute que le son est rarement de bonne qualité : je ne comprends donc pas quand quelqu’un me parle à l’interphone. Autant essayer de comprendre Chewbacca !

Et pire encore : comme je n’entends pas la sonnerie qui signale qu’on a bien sonné, je ne sais même pas si ça a fonctionné.

Il m’est donc déjà arrivé de poireauter derrière une porte désespérément close car j’avais mal appuyé sur le bouton de la sonnette !

Polie comme je suis, je n’ose pas sonner à nouveau. Imaginez que l’hôte ait dit “J’arriiiiiive”, je ne l’entends pas. Pas plus que ses pas qui indiquent l’ouverture imminente de la porte. Alors je poireaute.

Moi, quand je sonne, j’appuie juste un tout petit coup sur le bouton, comme si je tape une lettre sur mon clavier d’ordinateur.

Résultat : on m’a déjà dit plusieurs fois qu’on savait que c’était moi qui sonnait car j’étais la seule à sonner aussi brièvement ! Il parait que le commun des entendants reste appuyé plusieurs secondes sur le bouton pour bien faire retentir la sonnerie.

Revenons à mon rdv. Face à cette porte sans fenêtre et son interphone, j’ai attrapé mon iPhone et j’ai envoyé un SMS à la personne qui m’attendait : “Je suis arrivée, je sonne ?”. Oui, vous avez bien lu, face à un interphone, je demande si je sonne ! J’en rigole aujourd’hui.

Si je peux aujourd’hui vous raconter cette histoire c’est bien parce que cette personne (qui est descendue et m’a directement ouvert la porte avec son grand sourire) me l’a fait remarquer : Tu sais (FemmeBionique), ta surdité provoque des situations qui nous font sourire. Par exemple, nous, quand on voit un interphone, on ne se pose pas de questions, on sonne !

J’étais étonnée, je ne m’étais même pas rendue compte de l’absurdité de la situation pour un entendant. En me disant cela, elle m’a ouvert une porte pour mieux comprendre le monde des entendants. Aujourd’hui, il m’arrive d’imiter votre réflexe d’appuyer sur le petit bouton (& longuement, histoire de bien presser l’hôte !).
À quand la banalisation des visiophones interactifs, façon Facetime ou Skype et avec sous-titrage ? Image en Haute Définition 4K et sono en Dolby True HD, of course !

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